Sciences Humaines

  • Proust du côté juif

    Antoine Compagnon

    • Gallimard
    • 3 Mars 2022

    « Il n'y a plus personne, pas même moi, puisque je ne peux me lever, qui aille visiter, le long de la rue du Repos, le petit cimetière juif où mon grand-père, suivant le rite qu'il n'avait jamais compris, allait tous les ans poser un caillou sur la tombe de ses parents. » Tout le monde cite cette phrase de Proust, comme si elle donnait le fin mot de son rapport au judaïsme. Mais personne ne sait d'où elle vient. Madame Proust, née Jeanne Weil, ne s'était pas convertie : « Si je suis catholique comme mon père et mon frère, par contre, ma mère est juive », rappelait Proust à Robert de Montesquiou durant l'affaire Dreyfus.
    Certains voient dans cet aveu de la distance, voire de la honte de soi comme Juif, de même qu'ils soupçonnent d'antisémitisme les descriptions de Swann, Bloch ou Rachel dans la Recherche. Or il parut d'abord en anglais dans un hebdomadaire sioniste, The Jewish Chronicle, dans un hommage d'André Spire après la mort de Proust.
    D'où une enquête de deux côtés.
    D'une part dans la communauté juive. Comment Proust fut-il lu durant les années 1920 et 1930, dans la presse consistoriale, qui n'avait que faire de son roman, et par les jeunes sionistes, qui firent de lui un héros de la « Renaissance juive » ?
    D'autre part au Père-Lachaise, dans le caveau de Baruch Weil, l'arrière-grand-père de Proust, et auprès de sa descendance, dont Nathé Weil, le grand-père de Proust, et de nombreux oncles et tantes, cousins et cousines inconnus, huissier franc-maçon, colons en Algérie, ingénieur bibliophile, compositeur fou...
    Les deux fils se nouent et les côtés se rencontrent. Le destinataire de la fameuse phrase était Daniel Halévy, camarade du lycée Condorcet, et le manuscrit de la nécrologie d'André Spire est retrouvé. Le côté juif de Proust n'aurait-il plus de secret ?
    A. C.

  • « À 7 ans, j'ai été condamné à mort pour un crime que j'ignorais. Ce n'était pas une fantaisie d'enfant qui joue à imaginer le monde, c'était une bien réelle condamnation. » B. C.

    Boris Cyrulnik a échappé à la mort que lui promettait une idéologie meurtrière. Un enfant qu'on a voulu tuer et qui toute sa vie a cherché à comprendre pourquoi, pourquoi une telle idéologie a pu prospérer.
    Pourquoi certains deviennent-ils des « mangeurs de vent », qui se conforment au discours ambiant, aux pensées réflexes, parfois jusqu'à l'aveuglement, au meurtre, au génocide ? Pourquoi d'autres parviennent-ils à s'en affranchir et à penser par eux-mêmes ?
    Certains ont tellement besoin d'appartenir à un groupe, comme ils ont appartenu à leur mère, qu'ils recherchent, voire chérissent, le confort de l'embrigadement. Ils acceptent mensonges et manipulations, plongeant dans le malheur des sociétés entières.
    La servitude volontaire engourdit la pensée. « Quand on hurle avec les loups, on finit par se sentir loup. » Penser par soi-même, c'est souvent s'isoler. Seuls ceux qui ont acquis assez de confiance en soi osent tenter l'aventure de l'autonomie.
    Au-delà de l'histoire, c'est notre présent que Boris Cyrulnik éclaire.

    À travers sa tragique expérience de vie, hors des chemins battus, Boris Cyrulnik nous montre comment on peut conquérir la force de penser par soi-même, la volonté de repousser l'emprise, de trouver le chemin de la liberté intérieure.

    Un livre profond et émouvant. Un livre fondateur.

  • Poutine et l'Ukraine ; les faces cachées

    Vladimir Fédorovski

    • Balland
    • 21 Mars 2022

    Ce livre donne des clés pour déchiffrer non seulement les faces cachées de Poutine mais aussi les aléas de ce nouveau monde. Il est le résultat d'une longue enquête qui devait être publiée plus tard, mais les événements tragiques en ontaccéléré la parution.

    L'auteur, qui a connu Vladimir Poutine, aide à comprendrece qui se trame dans l'esprit du dirigeant russe. VladimirFédorovski voit en lui cinq hommes qui façonnent le leader guerrier d'aujourd'hui : l'enfant meurtri, le sportif tacticien, l'espion fourbe, l'homme politique blessé et le tsar fantasmé. Ce qui arrive est d'une gravité pire que la guerre froide car il y avait des lignes rouges à ne pas franchir.

    On assiste à un grand mélange entre propagande et politique réelle ; on ne parle plus le même langage ; on joue perdant perdant. Pour reconstruire, il faut tenir compte dne erreur fondamentale qui remonte à la fin de la sortie du communisme : les Occidentaux ont refusé d'associer la Russie au monde libre. On a marginalisé la Russie, on l'a humiliée même, et on le paie très cher aujourd'hui.

    De mère russe, de père ukrainien, l'auteur est doublementdéchiré. Il a le sentiment que tout le sens de sa vie diplomatique comme fossoyeur de la guerre froide a été anéanti.

  • «Je suis né le 21 novembre 1957, pas loin du jour des morts. Je donne cette date une fois pour toutes. Elle servira de repère dans le désordre chronologique du récit qui va suivre, écrit à la billebaude, par petites touches, en forme de palimpseste heureux, et qui s'achève à peu près à la fin des années 1960. J'avais un peu plus de dix ans. À la lumière du présent, les terres de mon enfance m'apparaissent aussi exotiques et abandonnées que celles de Vanikoro, en mer de Corail, quand La Pérouse s'y était échoué sans qu'on le retrouve. ».

    Biographe connu et reconnu, essayiste de talent, chroniqueur du temps présent, Emmanuel de Waresquiel se penche ici sur son enfance et se fait l'historien de lui-même. Il évoque des lieux, des visages, des maisons, des paysages et excelle à restituer des univers engloutis. Élégant, poétique, tendre, secret, souvent drôle, ce livre est un conte sur l'enfance, le temps, l'exil, la mémoire et l'oubli.

  • Amis, chers amis

    Bernard Pivot

    • Allary
    • 3 Février 2022

    Quoi de plus libre et pre´cieux que l'amitie´ ? Bernard Pivot en sait la valeur, lui qui a le bonheur de compter des amis fide`les, certains de toute une vie.

    On connai^t le critique litte´raire, on de´couvre ici l'ami qui s'est toujours garde´ de confondre attachement since`re et copinage. Une ta^che de´licate quand votre influence vous attire les faveurs... Mais Bernard Pivot en sait trop sur l'amitie´ pour se laisser duper. Dans son panthe´on intime, on croise des camarades d'enfance et de lyce´e, des journalistes, des come´diens, quelques e´crivains et un seul e´diteur. Des e´lus, a` jamais dans son coeur.

    Dans ces pages vibrantes d'e´motion et de since´rite´, Bernard Pivot nous permet d'approcher au plus pre`s cette myste´rieuse alchimie entre deux e^tres. On a peu de vrais amis. Ceux que Bernard Pivot ce´le`bre ont change´ sa vie. Et en parlant d'eux, il nous dit beaucoup de lui.

  • Ouvrir une voie

    Emmanuel Faber

    • Paulsen guerin
    • 27 Janvier 2022

    « Nous sommes au pied de la montagne. Nous avons dix ans pour ouvrir une nouvelle voie et nous y engager tous ensemble. » Passée sa brutale éviction de Danone, Emmanuel Faber se pose dans un refuge des Alpes. Il raconte comment la montagne et l'escalade ont dessiné son itinéraire : l'orage en Oisans dans l'enfance, les falaises du Vercors à l'adolescence, seul dans la tempête une nuit d'hiver à ski, en collectif pour l'ouverture d'une nouvelle voie sur le granite corse. Il partage son expérience hors du commun de patron activiste et livre sa vision des enjeux d'aujourd'hui et demain.

    Un appel vibrant à la prise de conscience et à l'action.

  • Le vrai état de la France

    Agnès Verdier-Molinié

    • L'observatoire
    • 19 Janvier 2022

    Dans cet essai coup de poing, Agnès Verdier-Molinié dresse, à la manière d'un audit financier, un bilan de la situation de notre pays, en pleine crise économique et sanitaire. Sidérant.

    Savez-vous que la France se situe au 23e rang mondial en richesse par habitant?? Que nous avons atteint 1 454 milliards de dépenses publiques?? Que nous payons 483 taxes, impôts et cotisations?? Que 1 jeune sur 20 est illettré?? Voilà les chiffres réels de la situation économique de la France.

    Pourquoi sont-ils si souvent passés sous silence?? Cour des comptes timide concernant les finances de l'États, rapports publics trop frileux..., les dispositifs d'alerte semblent se désactiver un à un. Pourtant, les données sont là et le constat est édifiant?: la France est un pays en déclassement. Étouffée par une bureaucratie envahissante, contrainte par des lois repoussoirs pour l'investissement, gangrénée par des taux d'inactivité, de pauvreté et d'insécurité de plus en plus élevés, elle est en proie à de nombreux maux dont la population doit être informée.

    Loin de chercher à créer la polémique, Agnès Verdier-Molinié se fait un devoir d'avertir justement les Français sur le véritable état de la France en 2022 et de leur proposer des solutions de sortie de crise.

  • L'écriture peut changer votre vie.
    Écrire aide à comprendre certains événements personnels, à ordonner ce que l'on a dans la tête et dans le coeur. En nommant et en décrivant nos émotions, en reclassant en phrases et en histoires ce qui est en désordre, nous pouvons obtenir de la clarté, une compréhension de notre récit intérieur. Écrire pour soi offre un temps de retour vers l'intime.
    Conçu comme un atelier, ce livre vous propose des consignes d'écriture à partir de 26 extraits de textes d'écrivains. Chaque exercice invite à expérimenter une forme particulière : lettre, journal, conte, haïku, exercice de style...
    Imaginé par Nayla Chidiac, psychologue clinicienne qui connaît les bienfaits de l'écriture dans le soin, ce livre- ressource doublé d'une approche pratique rend accessible à tout un chacun la démarche d'écriture thérapeutique.

  • Consolations

    Christophe André

    • L'iconoclaste
    • 13 Janvier 2022

    Le premier livre post méditation de Christophe André !

    Chagrins, déceptions, frustrations, maladies, deuils, ou simple spleen, notre vie est émaillée d'adversités petites ou grandes auxquelles il faut faire face. Parfois, rien ne peut agir sur cette réalité hostile. C'est alors qu'intervient la consolation. Ou plutôt LES consolations, pour nous relever, chaque fois que nous avons trébuché. Et quand nous ne sommes pas nousmêmes confrontés à l'adversité, c'est souvent le tour de l'un de nos proches qui nous transforme en consolant.

    À quoi sert la consolation ? À continuer, à retrouver le goût de la vie, à ne pas se résigner. Nous ne pourrions pas vivre sans cette multitude de consolations, au cours de notre existence. C'est pour cela que, dès la naissance, les humains sont dotés, par leur empathie et leur altruisme, de ces capacités de consolation.

    Au fil de ses livres, Christophe André a le don de débusquer les thèmes parfois invisibles de la psychologie : l'estime de soi, les états d'âmes, nos imperfections. Cette fois, il s'intéresse à ce processus bénéfique qui sèche nos larmes, guide nos pas et nous remet dans la vie. Il y ajoute pour la première fois une dimension personnelle, sur sa propre expérience de consolations suite à une grande maladie qu'il a traversée il y a quelques années et nous amène à réfléchir de façon plus profonde au sens de la vie.

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